Nouvelles burlesques et histoires courtes
Les carnets de Farouk, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, n’étaient pas organisés en bloc-notes classés, répertoriés et datés. Non, c’était plutôt un vrac de textes couchés en pattes de mouche sur des calepins crasseux, le plus souvent sur des...
Bonsoir J’ai relevé ce poème dans les carnets de Farouk. Je m’expliquerai plus tard sur les conditions de cette étrange découverte. ** Les cendres Je ne me souviens plus quand tu es partie, En juin je crois, au petit matin, par un ciel limpide D’un bleu...
Je dois bien confesser que depuis la disparition de Farouk, mes week-ends devinrent aussi ternes que routiniers. Ses visites inopinées commençaient à me manquer. Étant d’un naturel assez casanier, je ne fréquentais plus, depuis sa mort, cette gente féminine...
L’ Aïd-el-adha approche, c’est dans 10 jours. Tous les matins, de ma chambre, j’entends bêler un mouton qu’on va égorger sous peu. Il me réveille de bonne heure et commence à me faire braire ! Vivement qu’on lui coupe la gorge et qu’on en parle plus....
En ces temps tourmentés, je n’avais guère envie de reprendre ma plume, d’autant plus que je déteste écrire avec une plume, je fais des pâtés, des ratures et je me tache, alors de l’encre, j’arrive à m’en coller partout sans pouvoir me relire. Une hémorragie...
C’est toujours difficile d’effacer une ombre, même quand le soleil est voilé. C’est un peu ce qui je ressens avec feu Farouk car j’y pense toujours inopinément quand je croise les bricoles de la vie quotidienne qui me ramènent à lui ; une tronche banale,...
Dans les carnets de Farouk que j’ai pu consulter jusqu’à présent, je n’ai rien trouvé qui soit en rapport avec l’érudition dont il faisait parfois preuve. Il était autodidacte, assurément, façonné à la vieille école, mais de ses études en solitaire, il...
Au Maroc, les mendiants m’énervent un peu en ce moment. Ce n’est pas beau à dire, mais je le dis quand même. Je sais que ces malheureux n’ont rien et le que le Royaume traine la patte pour aider ses miséreux. Alors dans les grandes villes, les pauvres...
J’étais pourtant bien conscient que de mettre de l’ordre dans les carnets de Farouk relèverait d’une gageure. J’y gâchais tous les temps perdus que je voulais épargner pour moi, les dilapidant à sa triste mémoire, mais Farouk avait quelque chose d’un...
Ces derniers temps je me la coule douce ! Depuis une semaine je vis comme un nabab dans un cinq étoiles de Marrakech aux frais de la princesse ! Je bosse un peu, pour justifier, le temps est au beau fixe, alors tous les après-midis, vers 17h00, je fais...
La petite annonce Je ne me rappelle plus quand ça a débuté, mais c’était comme ça : - Mon cher André, attends toi à voir ce que tu vas voir ! je t’ai trouvé un coup formidable, du sur mesure, une occase exceptionnelle, à ne pas laisser passer, une qui...
Comme je l’avais promis précédemment, promesse encore non tenue, je tenais à élucider l’origine d’une série de poèmes que j’ai découvert dans les carnets de Farouk, probablement des apocryphes. J’avance sur ce sujet à pas feutrés, mais j’avance. En attendant...
Un autodafé. Voilà des jours que je procrastinais sur un article que je devais rendre en début de semaine sur l’introduction du cépage merlot dans la région de Meknes durant le Protectorat. Cela me barbait infiniment et je trouvais toutes les bonnes raisons...
« Si la nostalgie reflète le regret des temps passés, alors oui, je suis nostalgique, j’aime ce miroir aux rivages sépias. Je peux remonter à loin, lorsque petit, je rêvais de cette France, où tout me semblait beau, impeccable. Des années 70, je me souviens...
Voilà les vacances. On s’était dit avec le Farouk que nous serions trop ramiers pour faire quoique ce soit d’intelligent cet été. Sur quoi on avait décidé ne plus se revoir pendant deux mois, pour rester en bons termes à la rentrée. - Qu’avez-vous donc...
Si je me fie à mes brumeux souvenirs, le type s’appelait Mahmoud, la cinquantaine, assez élancé, des cheveux courts et un nez busqué. C’était le gardien du petit cimetière juif d’Erfoud, il prenait soin d’une quarantaine de tombes, tout au plus, mais...
Les carnets de Farouk / Séquence 1.16 J’en avais un peu marre de fouiller dans les mémoires de Farouk, j’avais l’impression de fouiner dans le grenier poussiéreux d’un arrière-grand-père, découvrant des souvenirs qui ne me concernaient guère, et d’autres...
On pensera que je suis bien parano, mais je m’inquiétais quand même de ne plus me sentir surveillé par la flicaille. Cette absence me créait du mauvais sang. Je trouvais ça très louche. J’eus beau scruter de mon balcon, mais ne vis rien qui ressemblât...
Les carnets de Farouk / Séquence 1.17- Ajout ( texte sans note de Farouk ) Ce mois de septembre était encore radieux, j’étais de passage à Oualidia pour le week-end, un peu par hasard, comme quoi le hasard fait bien les choses, en loucedé. À Oualidia,...
Vivement la mariée. J’ai déjà dû l’écrire à maintes reprises, mais tant pis si j’ai la mémoire qui flanche, si je ne me souviens plus très bien, si je rabâche : voilà, c’est toujours un immense plaisir que de retrouver l’inspecteur Gibraltar à l’improviste...
Or là , que dire? En ce dimanche 12 octobre, l’inspecteur Gibraltar fêtait son cinquantenaire. En fait, il devait être beaucoup plus vieux que ça, car je me rappelais bien avoir déjà célébrer son anniversaire au moins deux fois en trois ans ! Je crois...
Le petit cahier noir En ce mois de novembre, le soleil à Skhirat défendait encore son empire estival : sous ses rayons ludiques, l’océan dansait mollement, les mouettes se pavanaient, l’aile au vent, au plus près de l’écume sous un ciel bleu limpide comme...
C’était une soirée où j’écoutais de la musique tout seul. Je venais de retrouver un album des années 80, une époque où le jazz français se portait à merveille… Christian Escoudé à la guitare, Didier Levallet à la basse, Bernard Lubat à la batterie, feu...
Le moulin de Farouk. Farouk était bassiné de la vie citadine ; trop de stress, trop de faux amis, trop de faux-semblants, trop d’hypocrisie, trop de femmes volages, trop de tout ! Puis le printemps tardif qui débarquait dans ce charivari, ne l’incitait...
Le mois de juin n’est pas mon préféré et celui-ci était bien crotté, il trainait sur Rabat un temps de cochon impie venu d’Espagne, des nuages bringuebalés d’un zéphyr bien vicelard qui nous refroidissait les miches par courant d’air. Nous avions réservé...